S’il y a bien une star de la chanson française disparue dont les titres ont traversé les temps, c’est bien Daniel Balavoine. Mort trop jeune à l’âge de 33 ans, son répertoire a été repris à de nombreuses reprises et ses chansons sont devenues intemporelles. Un artiste qui a marqué sa génération et laissé une trace indélébile dans l’histoire de la musique.

À l’occasion d’un documentaire diffusé fin juillet sur W9, la chaîne revenait sur l’histoire du phénomène Daniel Balavoine et sur l’histoire de sa vie. Sa fille Joana, nous fait aujourd’hui des révélations sur l’histoire compliquée avec son père. Son fils Jérémy Balavoine s’était lui fait connaître du public en 2007 en fréquentant la célèbre Star Academy. Mais il aurait quitté le monde de la chanson peu après, et se serait dirigé vers une autre carrière tout en gardant un œil sur le patrimoine de son père.

Jérémy est très attentif à tous les hommages ou à toutes les reprises concernant son illustre père, mais également surveille tous les projets commerciaux autour de l’œuvre du chanteur. Jérémy Balavoine avait d’ailleurs pris position contre un coffret hommage en 2013 dont il ne souhaitait pas voir la sortie.

Quant à sa sœur Joana, elle avoue avoir eu une relation un peu conflictuelle avec l’image de ce père qui au bout du compte, elle ne connaissait pas beaucoup : ” Tout d’abord, je l’ai rejeté beaucoup. Les gens venaient me voir pour me parler d’un type que je ne connaissais pas. Je ne parvenais pas à me confronter avec cet homme public, ni à me convaincre que c’était mon père ” expliqua-t-elle dans une interview exclusive accordée au magazine Paris Match. Joana Balavoine expliquait également pourquoi au début de sa vie, elle n’avait pas porté le nom de son père :

” Comme ils n’étaient pas mariés, je porte le nom de ma mère. Excepté que ma mère Corinne souhaitait, immédiatement avant ma naissance, que je porte aussi le nom de mon père. Il a fallu que je fasse des démarches administratives assez fastidieuses. Des démarches qui ont finalement abouti, car papa avait annoncé à plusieurs reprises aux médias que maman était enceinte. Alors c’est grâce aux journaux si je peux porter mon nom ” déclarait la jeune femme qui aujourd’hui est très fière de porter le nom de Balavoine.

Bien que cela fasse déjà plus de 30 ans, que l’interprète de L’Aziza ait disparu en compagnie de Thierry Sabine lors du Paris-Dakar, beaucoup de questions se posent encore sur les circonstances du drame.

Une journée noire pour la chanson française, le matin du 14 janvier 1986 dans le cadre du plus célèbre rallye automobile du monde. S’il était présent sur la compétition, Daniel Balavoine venait en tant qu’ambassadeur de l’action humanitaire Paris du cœur. Et ce jour-là, date de la 14e étape de la course entre Niamey et Gourma–Rharous au Mali, Thierry Sabine, le directeur de la course et Daniel Balavoine montent dans un hélicoptère pour rejoindre la ville de Gao. Mais les conditions météorologiques n’étaient pas optimales et le jour disparaissait quand le pilote a décidé de repartir avec les deux stars à bord. Selon l’enquête, le pilote pourtant chevronné, aurait perdu le contrôle de l’appareil qui s’est écrasé sur une dune après plusieurs tentatives de stabiliser l’hélicoptère. C’est tout ce que l’on sait des circonstances du terrible drame, car en réalité, il n’existe aucun témoin survivant de l’accident.

À l’annonce de cette tragédie, toute la presse et toutes les télévisions ont directement divulgué la formation. Une nouvelle qui avait littéralement foudroyé les fans de l’artiste que l’on pouvait voir en pleurs dans les rues. C’est ce jour-là que certains se sont seront rendus compte de l’attachement du public pour un artiste hors du commun qui a laissé une trace indélébile dans l’histoire de la musique. Le corps de Daniel Balavoine, a été ramené en France et plus précisément à Biarritz pour un dernier hommage rendu lors de funérailles mémorables le 20 janvier 1986.

L’auteur-compositeur interprète laisse derrière lui une œuvre considérable et quelques titres rentrer dans la légende. SOS d’un terrien en détresse, Mon fils ma bataille, Le chanteur, Sauver l’amour, et encore de nombreuses chansons réalisées sur huit albums qui ont réellement marqué le patrimoine musical français. Daniel Balavoine abordait tous les sujets, célébrités, divorce, enfance, argent et réussite sociale, la guerre, la drogue, l’amour, le racisme… Des sujets qu’il traitait, jamais avec légèreté, mais toujours avec justesse, avec des textes qui sont encore dans toutes les mémoires. ” Je ne fais pas de la variété, ça n’a rien à voir avec la musique de Michel Sardou ” résumait Daniel Balavoine, dans une interview pour décrire son œuvre. Du jeune homme passionné de rock, à la star qu’il est devenu, il aura toujours essayé de mélanger les genres en essayant de nouveaux styles. Devenu célèbre en même temps que des Michel Berger, Alain Souchon, Francis Cabrel ou encore Jean-Jacques Goldman, Daniel Balavoine avait choisi une autre voie. Il a d’ailleurs été l’un des premiers en France à s’initier à l’instrumentation électronique en utilisant principalement des synthétiseurs.

Daniel Balavoine était aussi un artiste engagé, qui n’hésitait pas à prendre position pour les causes qui lui tenaient à cœur. Peut-être déjà visionnaire, il voyait un malaise dans la société française, mais également dans le monde. On se souvient de cette anecdote quand sur les chaînes de télévision française, lorsque le président François Mitterrand l’avait invité pour avoir l’avis d’un jeune sur le plateau. Les conseillers du président de la République lui avaient suggéré le nom de Daniel Balavoine, car il représentait une jeunesse en mal de vivre.

Mais lors du débat, alors que les minutes passaient, Daniel Balavoine avait tout simplement pris la parole pour dire qu’il allait quitter le plateau puisqu’on ne le laissait pas intervenir, et que si c’était pour être présent sans pouvoir parler de ce qui lui semblait important, il valait mieux s’en aller. Une réaction qui avait laissé François Mitterrand et tout le monde, bouche bée, et dont certains témoins se souviennent encore. Une histoire qui témoigne de sa liberté et qu’il était impossible de le faire taire.

On ne compte plus le nombre d’artistes qui lui ont rendu hommage en reprenant ses titres, avec plus ou moins de succès. Même 30 ans après sa mort, Daniel Balavoine est encore dans le cœur de bon nombre de ses fans, jeunes ou moins jeunes.