Interrogée par les journalistes du Parisien, Catherine Laborde raconte la nuit d’horreur qu’elle a fait passer à son mari. L’ex-présentatrice météo de TF1 et son époux Thomas Stern ont accepté d’accueillir la presse à leur domicile. Ils se sont tous deux livrés sans tabou sur la maladie de l’ancienne star de la télévision.

Depuis 2016, Catherine Laborde n’est plus apparue à l’écran. Elle avait décidé de mettre un terme à sa carrière suite à son état de santé problématique. Les médecins lui ont en effet diagnostiqué la maladie à corps de Lewy. Il s’agit d’une pathologie dont les symptômes se rapprochent grandement la maladie de Parkinson et d’Alzheimer.

L’ancienne présentatrice a profité de l’occasion pour présenter son dernier livre. Elle a d’ailleurs réalisé cet ouvrage en collaboration avec son mari. Amour malade, quand aimer devient aider, le titre de cet ouvrage est un dialogue poignant entre Catherine Laborde et son compagnon de vie. Car l’évolution de la maladie empêche la sœur de Françoise Laborde d’être parfaitement autonome. Son mari est donc devenu aussi son infirmier, son confident, son assistant, mais surtout une véritable nécessité dans sa vie.

Le couple avait déjà accepté de se confier dans l’émission de TF1, Sept à huit, au micro d’Audrey Crespo-Mara. Et lorsque la journaliste l’interrogeait sur sa vie professionnelle à la télévision, la réponse était malheureusement très triste. ” Ça me semble loin… Parce que c’est la maladie qui va l’emporter je pense, à un moment ou un autre (… ) c’est dommage, j’aurais bien aimé que ça dure encore longtemps, mais je sais bien qu’il y a un moment où ça doit s’arrêter ” confiait Catherine Laborde.

En 2018, l’ancienne vedette du petit écran avait déjà sorti un livre intitulé Trembler. Au fil des pages, le lecteur pouvait découvrir le mal qui la ronge depuis des années : ” J’imagine quelquefois avoir un aquarium sur la tête avec des poissons rouges qui tournent sans cesse.(…) je trébuche au moins une fois par jour, mais ce n’est pas seulement le corps qui se défait petit à petit. Ça m’est difficile de sortir dans la rue, j’ai peur de tout. Il y a tellement de choses que je m’interdis de faire, d’abord par crainte de ne pas y arriver ” avait-elle témoigné.

Ce 8 octobre dernier, Catherine Laborde revenait une fois de plus sur sa maladie. Mais cette fois-ci, elle aborde un autre aspect de son quotidien. C’est d’ailleurs l’objet principal de sa dernière publication. Il s’agit également d’une sorte d’hommage à celui sans lequel elle ne serait plus rien. C’est son mari qui l’accompagne désormais à chacun de ses pas. Et c’est aussi lui qui avait remarqué les premiers symptômes de la maladie il y a 6 ans. Pour elle, ce mal est un véritable monstre : ” Le monstre, c’est la peur qui paralyse, qui empêche, car le mal s’aggrave. Cela m’a projeté hors du monde des autres humains “.

Dans l’émission Sept à Huit, l’ancienne gloire de la télévision expliquait aux téléspectateurs comment peu à peu elle a perdu pied. Les pertes d’équilibre et de repères l’empêchent aujourd’hui de sortir seule de chez elle. Et les pertes de mémoire augmentent au fil des mois ” Là, je viens de vous parler et je ne me souviens plus ce que j’avais dit une demi-heure plus tôt. On ne sait plus où on en est, qui on est ” a-t-elle avoué dans un moment de lucidité. La sexagénaire explique également travailler régulièrement avec un neurologue ” Pour équilibrer tout ça, pour ne pas qu’il y ait de dinguerie apparente et pour rester dans le monde des vivants (…) je ressens un désespoir total, comme un enfant qui a perdu, comme une personne qui n’a plus de liens avec l’extérieur “.

Dans les colonnes du Parisien, le mari de Catherine Laborde évoque également ce quotidien si difficile. Et il affirme qu’il sera toujours présent aux côtés de son épouse. Même si parfois la tâche paraît bien lourde ” C’est très compliqué d’aider quelqu’un qui a cette maladie. Il y a ce danger que l’aider prennent la place de l’aimer. J’aimerais l’entraîner encore pour faire des balades. Il y a un temps qui est terminé. Avant cette maladie, je ne le savais pas ” avoue-t-il avec émotion. Thomas Stern est le seul à pouvoir calmer Catherine lors de ses crises. À part lui et son chat, dans ces moments-là, personne ne peut réellement la soulager. Mais ce rôle de proche aidant n’est pas toujours facile à vivre. ” Être un proche aidant, c’est un job 24 heures sur 24. Catherine n’est pas dans un état clinique où elle a besoin de soins réguliers. Mais elle a ses tremblements, des problèmes moteurs, se demande où elle est ” confie Thomas à la journaliste. Catherine Laborde a parfaitement conscience de ce que l’homme de sa vie ressent chaque jour ” Je suis assez lucide pour me rendre compte que j’ai enlevé à Thomas à liberté ” admet-elle visiblement émue.

Ce dernier ouvrage a permis à Thomas Stern de coucher sur le papier tout ce qu’ils vivent depuis de nombreuses années. Il prenait d’ailleurs en exemple une nuit durant laquelle il a été totalement terrifié. Car ce qu’il craint le plus, c’est de ne pas reconnaître celle qu’il a tant aimé ” Ma vraie peur, c’est de devenir non reconnaissable aux yeux de Catherine et qu’elle le devienne à mes yeux ” explique-t-il. Avant de raconter ” Cette nuit digne de l’Exorciste “. Thomas a en effet assisté à une scène qui le marque encore aujourd’hui. Durant de longs moments, il a entendu sa femme vociférer et hurler sans aucune raison apparente. Cette vision de délire restera à jamais gravée dans sa mémoire. Mais malheureusement, avec l’évolution de la maladie, ce scénario pourrait se reproduire. Consciente de cette lente descente aux enfers, Catherine Laborde est malheureusement impuissante. Et ses craintes ne font que s’amplifier au fil des mois. Elle est également très angoissée à l’idée d’un jour ne plus savoir qui est l’homme à ses côtés : ” Ma peur, c’est de ne pas le reconnaître. J’ai aussi très peur du monde extérieur qui m’est hostile. Je préfère rester dans une bulle qui me protège “.

Le couple a véritablement livré un témoignage des plus poignant. Malheureusement, il correspond aussi au quotidien de nombreux Français. Et si bien évidemment la première victime est le malade, le compagnon de vie voit également son existence totalement chamboulée. C’est une histoire bouleversante qui est racontée dans ce livre, publié par le couple, toujours soudé malgré la maladie.